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LES DAUPHINS DU MÉKONG
la descente de la nam tha
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la descente de la nam tha
Arrivée en avion donc sur Luang Nam Tha. Est-il besoin de décrire l'aéroport ? Il faudrait d'ailleurs parler d'aérodrome. Et pour être précis, d'une piste en terre battue avec une petite cabane à côté qui sert surtout à faire tamponner son visa. C'est sympa d'ailleurs. On voit arriver le monsieur des visas en vélo, il ouvre la cabane et il repart juste après. On devait être une cinquantaine dans l'avion. Il n'y avait que deux occidentaux dans l'avion, deux Français : moi et un imbécile (je ne développerai pas).

Mon idée en allant à Luang Nam Tha ? Descendre une petite rivière, la Nam Tha, qui rejoint le Mékong.

La description du Lonely Planet : « When the water is high enough, passengers boats occasionnally run down the Nam Tha river to Pak Tha on the Mekong River for 15 000 kips per person (...) It's reportedly a beautiful trip, but one that will be terminated for ever if the damming of the river goes ahead. On the way, you can stop at Ban Na Lae, a charming village with one guest house and a noodle shop. »

Ça a été ushuaïa.

Au sortir de «  l'aéroport », un taxi collectif attendait les passagers pour les amener au village d'à côté, Luan Nam Tha.
On est ici sur une des pointes du triangle d'or (je dis cela pour rajouter un peu d'exotisme au propos, mais l'ambiance ne s'en ressentais absolument pas). Cela dit, je n'ai pas vu Luan Nam Tha. J'ai demandé (comment ai-je fait ???) au chauffeur de passer par la rivière Nam Tha avant de rejoindre le village. C'était peut-être dans son circuit, mais j'ai eu l'impression que l'on faisait un petit détour.

L'embarcadère  ? Un petit panneau rond écrit « boat stop » planté au milieu de nulle part, mais quand même à coté de la rivière Nam Tha. Aucune autre indication, pas de bicoque pour vendre un billet, rien. Seuls trois Laotiens en train de charger un petit bateau (une longue barque fine) et l'un d'eux était dans l'avion.
Il a un petit niveau d'anglais, et il m'explique qu'il est étudiant à Vientiane, qu'il vient voir sa famille pour les fêtes et que deux de ses cousins (des gens de sa famille en tout cas) sont venu le chercher en bateau. Un quatrième laotien se joint à eux pour le voyage (ils sont tous très jeunes, 16 ans, 20 ans ?). Il reste une place et il peut demander à ses cousins de me prendre avec eux MAIS ils ne vont que jusqu'à Ban Na Lae, le "charming village" dont parle le Lonely, au milieu du parcours. D'après lui, il doit bien être possible de continuer ensuite jusqu'au Mékong...
Me voila parti avec les cousins sur la Nam Tha.

A l'arrière de la barque, un des laotiens tient le gouvernail (une hélice avec un très long arbre à came) tandis qu'un autre à l'avant surveille les rapides. Il donne ses directives grâce à un jeu de signes beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît. Parfois, quand le cours de la rivière s'accélère, il se saisit d'un long bambou et repousse les rochers (c'est le signe pour les passagers de se protéger avec la bache qui traine au sol car ça va mouiller). Etre à l'avant, c'est un job de balèze, on y met toujours le plus expérimenté.
Très vite, mes laotiens sortent un petit magnéto cassette et commence à passer de la musique lao, des chansons dans un style traditionnel (pour des oreilles occidentales) mais électrisée et avec de charmantes mélodies susurrée par de jeunes chanteuses. Le bonheur.

Je me souviens du moment (genre au bout de deux heures) où ils ont accosté sur la rive pour aller pisser. J'ai un peu hésité (j'avais pas trop envie) mais je me suis dit qu'il valait quand même mieux prendre mes précautions. Je me suis donc retrouvé en train de pisser à une trentaine de mètres du bateau, au milieu de nulle part... Et comme j'étais parti en dernier, les laotiens avaient déjà rejoint l'embarcation, où se trouvaient toutes mes affaires, y compris mes papiers. On imagine vite des choses dans ce genre de situations... Mais j'avais bien placé ma confiance.

L'histoire va continuer ci-dessous mais je fais un lien si ça vous gonfle...

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Arrivé à Ban Na Lae donc, mon jeune laotien parlant anglais m'a remis dans les mains du chef du village, avant de disparaître. Et le chef du village n'avait pas fait anglais deuxième langue. Il a quand même réussi à me montrer la guest house où je pouvais dormir (une des maisons sur pilotis du village louée aux gens de passage) et à m'accompagner jusqu'au magasin-restaurant de l'endroit. Une toute petite maison avec une table à l'intérieur, différents produits de consommation courante en vente à l'extérieur, et une gentille dame qui s'occupe de tout cela. Je comprends que j'ai quartier libre jusqu'à la tombée de la nuit (il devait être 17h00 et j'avais 1 heure devant moi pour faire le tour du village, largement suffisant).

Je détaille pas mal car j'ai foiré toutes les photos de cette journée.

Je quitte mon chez moi à la nuit tombée (qui tombe vite) et je m'aperçois que les villageois se sont rassemblés autour de petits feus sur la route principale (et unique). Des gens d'un des feux me font des gestes (le chef du village est parmi eux) et m'invitent à partager leur whisky lao, façon apéro avant d'aller manger. Le whisky lao, c'est surtout une bouteille de whisky qu'ils remplissent avec leur propre alcool (au fond de la bouteille, il y des racines ou des petits morceau de bois). C'est pas très fort et ça n'a rien à voir avec le whisky, mais c'est l'occasion de partager quelques sourires autour du feu de bois. La communication ne peut malheureusement pas aller très loin, même le point sur les prénoms n'est pas évident à négocier.

Je rejoins le « restaurant » à quelques mètres, et là, bonheur, joie et surprise : sous l'ampoule électrique alimentée par une batterie de voiture, il y a trois clients. Un anglais, sa femme laotienne et leur assistante, elle aussi laotienne.
Il est expat et travaille à la création d'un réseau d'eau potable, pendant que sa femme médecin participe à un programme d'éducation sanitaire pour les femmes des villages environnants. Une excellente soirée (et pas uniquement parce qu'il m'a guidé dans la commande d'un plat, unique au demeurant) où ils m'ont expliqué leur travail, les villages, leurs difficultés à revenir en Europe... (je me souviens qu'ils n'arrivaient pas à vivre dans notre monde avec tant d'automates, pour tirer de l'argent, prendre un ticket de parking, etc.)

Le lendemain matin, tôt, j'ai embarqué dans un petit bateau. Seul passager avec toujours un laotien au gouvernail et un autre à l'avant qui guide.
J'avais compris (comment ???) que ce n'était pas le bateau jusqu'au Mékong. Ils m'amenaient à un village où je prendrais le bateau faisant la deuxième partie du parcours. Ce n'était pas à côté quand même. 6 heures du matin et la brume flottait sur la Nam Tha. Beau et sauvage.

Arrivé au village d'à côté dont je ne connais pas le nom, on m'a emmené au pied d'une maison (elles sont toutes sur pilotis) et on a commencé à attendre. 5 minutes, un quart d'heure, une heure... Je ne savais pas trop ce qu'on attendait. Ni pourquoi. Au début, je n'osais pas m'éloigner de peur de manquer quelque chose. J'avais payé quelques dollars au village précédent pour faire le trajet. Pour moi, c'était clair que c'était jusqu'au Mékong, mais bon... Peut-être qu'il fallait repayer... En tout cas, il ne se passait rien. Il y avait plus ou moins de monde qui attendait. Sans rien dire. Notamment le petit vieux avec sa petite fille (j'ai retrouvé l'usage de mon appareil dans ce village).

A un moment, une jeune femme a fait signe de monter dans la maison. J'étais tout fier d'être compris parmi les invités. On est monté à trois ou quatre... pour le petit déjeuner  !!! Du riz gluant (qu'on mange avec les doigts en faisant des boulettes) servi avec... je ne sais pas. Je n'en ai pas pris, je me suis contenté de tremper mon riz dans la sauce. Et après le petit-dèj, on a pris un plus grand bateau (c'est en photo) qui sert en fait de bus. On s'arrêtait parfois pour prendre des passagers qui faisaient signe depuis le bord. C'était à la bonne franquette, on a tous partagé le même repas à midi.

Quand le bateau s'est approché du Mékong, il a fallu prendre une décision : eux, ils allaient à droite, moi, je voulais aller à gauche, vers Luang Prabang. La carte du Lonely indiquait une ville : Pak Tha. Mais ce n'était qu'un point sur la carte, non référencé dans le guide. Comme tout se passait bien et que j'émettais un paquet d'ondes positives, j'ai demandé à m'y faire déposer. Un petit ponton, une grande montée boueuse sur 100 ou 200 mètres, et au sommet quelques maisons. Les gens du bateau me font signe de monter, en m'indiquant que je dois y faire tamponner mon visa. Rude escalade avec le sac à dos. Je me fais doubler par un Laotien qui tient trois passeports à la main. Je me retourne : un « speed boat » vient d'accoster au ponton. Le monsieur m'explique qu'il va vers Luang Prabang et qu'il reste une place dans son bateau. Trop fort.

Un speed boat, c'est un hors-bord avec quatre passagers, 2 x 2. J'appelle ça un « cigare ». Ils disent speed boat car ça va effectivement très vite. On voyage avec un gilet de sauvetage et un casque... Au début, c'est marrant, mais ça fait vite mal au cul et aux oreilles (ça fait un boucan de la mort). Deux heures après, on faisait étape pour la nuit à Pakbeng. Je décidais de repartir en «  slow boat »...

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